mercredi 4 mai 2011

Uji (宇治)

La ville d'Uji est l'une des plus vieilles cités du Japon, située entre les deux anciennes capitales Kyôto et Nara. Connue aussi pour son thé qui y est cultivé depuis plus de mille ans, tout plein d'enseignes le vendent et proposent des cérémonies. Pour ma part je ne goûte seulement qu'à la glace qui est assez bonne ma foi, une fois passé le goût amer du matcha saupoudré.


Je visite en premier lieu le temple zen "Kosho-ji". Encore en service, je n'ai pas la chance cette fois-ci d'entendre le moindre chant.




Le "Byôdô-in" est un site classé au patrimoine mondial. Le monde m'empêche malheureusement d'entrer dans le "hall du phoenix" où se trouve une grande statue d'un bouddha recouverte d'or. Néanmoins un intéressant documentaire projeté au musée le décrit en détail et montre de plus sa rénovation survenue il y quelques années.




Le thé de tous les jours est appelé sencha ou genmaicha et matcha pour celui utilisé lors d'une cérémonie. Une minute de trempage dans une eau à 70°C permet d'apprécier le sencha. Au service il est important d'obtenir la même couleur dans chaque tasse pour que chacune aie le même goût : le remplissage se déroule donc en deux passes, la seconde se faisant dans l'ordre inverse de la première.

mardi 3 mai 2011

Le sake (酒), un des symboles du Japon vieux de 2000 ans

Le Japon compte près de 1700 brasseries produisant chacune un sake au goût unique. En effet le terroir du riz (dit "à sake" car très différent de celui destiné à la consommation courante) et les particularités minérales de l'eau sont les deux principaux ingrédients qui sont susceptibles de donner une saveur particulière. De nos jours la fermentation est déclenchée par addition de levure appelée "koji".

Selon le degré de polissage du grain de riz, trois types de sake se distinguent grosso modo : Ginjo-shu, Honjozo-shu et Junmai-shu (le haut de gamme). Plus le polissage est intense, pour retirer la partie brune et se rapprocher du cœur du grain, plus le breuvage est clair et acide. Un bon moyen de choisir une bouteille est de lire le SMV (Sake Metre Value) normalement indiqué sur celle-ci : plus ce nombre est faible plus le sake est doux...
Alors que le Ginjo-shu utilise un riz poli à moins de 60% et a un arôme de fruit, le Junmai-shu n'a pas de limite et a un goût de riz. De plus contrairement aux autres, la production de ce dernier n'utilise pas d'alcool.

Pour finir il est bon d'apprécier un Ginjo-shu frais (hiya) c'est à dire entre 5°C et 15°C et un Junmai-shu chaud (okan), entre 45° et 55°C.

Pour une consommation privée nul besoin de licence, tout à chacun est libre de produire son sake. En revanche sa commercialisation en requiert une et un contrôle portant essentiellement sur la qualité de l'eau a lieu tous les ans.

lundi 2 mai 2011

Kyôto (3/3)

Le très joli quartier de Sagano se trouve à l'ouest, sur la même ligne de chemin de fer que j'avais emprunté pour Amanohashidate. Cette fois-ci je m'arrête juste avant de traverser la montagne et la rivière Hozu.
Réputé pour son côté champêtre, sa forêt de bambous et ses maisons en toit de chaume, on est loin de se douter que le centre bouillonnant de la ville n'est qu'à une quinzaine de minutes.




Le temple "Otagi-ji" initialement construit dans le centre de Kyôto au 8ème siècle, a été déplacé en 1922 en trois ans dans le but de le préserver. Il mérite le détour pour son cadre très apaisant et les 1200 statuettes de Rakan (disciples de Shaka fondateur du bouddhisme) fournies par divers endroits du Japon entre 1981 et 1991.


Je visite par la suite le temple "Ninna-ji", un autre parmi la petite quinzaine de patrimoines mondiaux de l'UNESCO que compte Kyôto. Comme le précédent temple, ce dernier a été déplacé de la zone du palais impérial au 17ème siècle. C'est le quartier général de l'école Omuro de la secte Shingon. La raison principale de ma venue est le jardin zen du bâtiment "Shinden". Il est paraît-il l'un des plus (voir le plus) beaux au monde.
Semaine de Golden Week oblige, il y a un monde fou. Mais une fois que les hauts-parleurs ont annoncé la fermeture des portes dans la demi-heure (à 17.00), l'endroit se vide rapidement me laissant alors une bonne vingtaine de minutes pour photographier tranquillement. Les japonais ne sont visiblement pas du genre à aimer attendre jusqu'à la fermeture des portes...



En pleine contemplation.

dimanche 1 mai 2011

Matsue (松江)

Avant de regagner Kyôto je m'échappe pour Matsue à 2 heures et demi d'Okayama, de l'autre côté de la côte. En partant d'Hiroshima en milieu de matinée je l'atteins en début d'après-midi. Le temps n'est pas terrible, un très fort vent souffle de la mer mais au moins il ne pleut pas...

Dans ma liste des douze châteaux originaux, celui de Matsue en fait partie. Construit en 1611 par Yoshiharu Horio (durant cinq ans), il abrite une importante collection de casques, d'épées et d'armures du clan Matsudaira, la troisième génération de seigneurs féodaux de Matsue.
Une sorte de festival se tient dans l'enceinte du château avec une démonstration bruyante de tirs (interprétée en partie par des femmes) et des samouraïs prenant la pose.



L'aspect extérieur du donjon est splendide. Le style de construction des murs est dite "Gobizumi" oû aucune pierre n'est taillée. Au premier abord cela peut paraître bâclé mais en réalité l’enchevêtrement est maîtrisé pour conférer à l'ensemble la solidité requise. Le bois noir imputrescible utilisé pour les panneaux et non peint en blanc est aussi signe d'une ancienne architecture.



La galerie de casques est impressionante et vaut bien celle d'Iwakuni. Une bonne occasion de se rappeler ce que m'a appris cette dernière : les décorations d'animaux ou de dieux sur les casques ne sont pas dénuées de sens bien au contraire. Par exemple les oreilles de lapin sont synonymes de rapidité, vivacité et fertilité. Les coquilles de moule (si si!) symbolisent la défense, il est en effet très difficile de l'ouvrir, et la fidélité, les deux coquilles forment une paire parfaite et ne peuvent aller l'une sans l'autre.



L'intérieur du donjon étant tellement sombre, je suis obligé d'utiliser l'affreux flash... :-(



A une vingtaine de minutes en bus de la gare de Matsue se trouve le sanctuaire "Kamosu" construit en 1583 en l'honneur d'Izanami, mère de l'archipel nippon. C'est le plus vieux sanctuaire dans son style architecturale (au passage on en compte pas moins de quatorze différents styles !). L'endroit est dépourvu de touristes et d'un calme bien reposant sans ce vent violent de la côte.